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Appellation Auvergne-Rhône-Alpes

Lyon gourmande en trois jours : traboules, bouchons et vignobles du Beaujolais aux portes de la ville

Par Fred Publié le 6 min de lecture

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Trois jours à Lyon suffisent pour goûter la ville sans courir partout, à condition de savoir où marcher, où s'asseoir et quand réserver. Entre les traboules qui traversent les immeubles, les bouchons où l'on mange sans chichi et les vignobles du Beaujolais, accessibles en train ou en voiture depuis la ville, le programme tient debout. Reste à l'organiser sans s'épuiser ni tomber dans les pièges à touristes. C'est ce qu'on vous propose ici, jour par jour, avec des critères simples pour choisir ses adresses.

Jour 1 : Fourvière, Vieux Lyon et premières traboules

Commencez par monter à Fourvière. Le funiculaire part de la station Vieux Lyon (métro D) et monte en quelques minutes, mais rien n'empêche de grimper à pied par le montée du Gourguillon ou les escaliers du Chemin Neuf si vous aimez sentir vos mollets. Une fois en haut, la vue sur la presqu'île et les toits ocre vaut le détour. La basilique est belle, bien sûr, mais c'est le panorama qui retient vraiment les visiteurs, et on ne va pas le contester.

La descente se fait ensuite par les traboules du Vieux Lyon. Ces passages couverts, qui relient une rue à l'autre en coupant à travers les immeubles, servaient aux marchands et aux canuts pour faire circuler marchandises et soieries à l'abri des regards et de la pluie. Celle de la Tour Rose, rue du Boeuf, avec son escalier en colimaçon, et celle du 54 rue Saint-Jean sont parmi les plus connues. Certaines appartiennent à des copropriétés : entrez avec discrétion, ne traînez pas dans les cages d'escalier et refermez la porte derrière vous. Les habitants vous en seront reconnaissants.

Pour le déjeuner, direction un bouchon traditionnel, de préférence l'un de ceux qui affichent le label « Les Bouchons Lyonnais », comme Daniel et Denise (Saint-Jean) ou Le Garet, dans le 1er arrondissement. Au menu de bouchon, on retrouve des classiques : une cervelle de canut pour commencer, une quenelle nature ou sauce Nantua, puis une andouillette si vous osez. Ça ne plaira pas à tout le monde, et c'est justement ce qui fait le charme d'une table lyonnaise. Ne soyez pas surpris si le service va vite et si le ton est franc. C'est la règle du jeu.

L'après-midi se prête à la flânerie. Remontez la rue Saint-Jean, passez devant la cathédrale Saint-Jean, puis perdez-vous dans les petites rues alentour, où l'on trouve des antiquaires et des boutiques de créateurs.

Pour le dîner, cherchez un bouchon de quartier plutôt qu'une enseigne au décor de carte postale. La différence se voit vite : une carte courte, des plats de saison, une salle qui parle fort et des habitués qui reviennent. Un établissement qui propose cinquante plats et des photos plastifiées n'a pas grand-chose à voir avec la tradition. Si vous voulez comparer plusieurs bouchons avant de partir, les adresses sont recensées sur www.guide-lyonnais.fr.

Reconnaître un bouchon authentique

  • Une carte courte, souvent affichée à l'entrée ou tenue sur une ardoise.
  • Des produits du jour, avec des plats qui changent selon les saisons.
  • De la charcuterie maison, parfois visible au comptoir.
  • Une réservation conseillée le soir, surtout le week-end.

Jour 2 : Croix-Rousse, marchés et tables de mères lyonnaises

Le deuxième jour change de décor. On quitte la presqu'île pour la Croix-Rousse, la colline des canuts. Ici, l'histoire de la soie est partout, dans ces ateliers aux grandes fenêtres conçues pour laisser entrer la lumière sur les métiers à tisser. La traboule de la Cour des Voraces, avec son grand escalier à ciel ouvert, est plus longue et moins fréquentée que celles du Vieux Lyon, ce qui vous laisse le temps de vraiment regarder autour de vous.

Le marché de la Croix-Rousse, sur le boulevard du même nom, reste l'endroit idéal pour une matinée tranquille. Charcuterie, fromages, quenelles fraîches, légumes de saison : on y prend son temps, on goûte, on discute. Si la météo ou l'agenda ne s'y prêtent pas, les Halles Paul Bocuse, à la Part-Dieu, offrent une alternative couverte et très complète.

Pour le déjeuner, cherchez une adresse qui se réclame des mères lyonnaises. Ces cuisinières, qui ont façonné la réputation de la gastronomie locale entre le XIXe et le XXe siècle, transmettaient leurs recettes de bouche à oreille, sans jamais chercher à épater la galerie. Plusieurs tables actuelles perpétuent cet esprit. Demandez le plat du jour, vous ne serez pas déçu, et vous aurez une histoire à raconter au dessert.

L'après-midi, c'est le moment des souvenirs à rapporter. Les pralines roses, à la couleur si particulière, se trouvent dans presque toutes les pâtisseries. Le saucisson pistache et la rosette de Lyon font aussi partie du voyage. Un conseil : achetez chez un charcutier ou un fromager qui coupe devant vous, et demandez à goûter. Si le vendeur hésite, passez votre chemin.

Le soir, deux directions possibles. Un bistrot moderne, où la cuisine lyonnaise se réinvente sans se trahir, ou une table de chef, plus cérémonieuse, pour mesurer l'évolution de la gastronomie locale. Dans les deux cas, réservez, car les bonnes tables affichent vite complet.

Ce qu'on rapporte de Lyon

  • Les pralines roses et le saucisson, qui voyagent bien dans une valise.
  • Les fromages à pâte molle, à éviter pour un long trajet en plein été.
  • Les quenelles fraîches, à consommer sur place, car elles ne tiennent pas le voyage.

Jour 3 : escapade au Beaujolais, aux portes de Lyon

Le dernier jour, on prend la route. Le Beaujolais commence aux portes de l'agglomération, plus loin si l'on vise les villages du nord du vignoble. Vous avez le choix entre la voiture, qui offre le plus de liberté, le TER depuis Lyon Part-Dieu ou Perrache vers Villefranche-sur-Saône suivi d'un taxi, ou une excursion organisée qui règle tout. Pour un couple ou un petit groupe, la voiture reste pratique, à condition de désigner quelqu'un de sobre.

Avant de boire quoi que ce soit, prenez le temps de regarder le paysage. Les Pierres Dorées, ces roches calcaires qui donnent aux villages leur couleur miel, racontent une géologie que l'on comprend vite en marchant entre les coteaux. Des villages comme Oingt ou Theizé, classés parmi les plus jolis de la région, se prêtent bien à la balade.

La dégustation chez un vigneron est le moment fort. Demandez à goûter les crus, Morgon, Fleurie, Moulin-à-Vent, et notez les différences de structure et de fruit. Le vin de primeur, plus léger et plus gouleyant, n'a pas la même ambition qu'un cru de garde, et ce n'est pas un défaut. Lisez l'étiquette : elle donne le nom de la commune, parfois le lieu-dit, et quelques indices sur le style du domaine.

Le déjeuner se prend au pied des vignes, dans une auberge ou une table de terroir. Andouillette, volaille, fromages régionaux : la cuisine accompagne bien les vins de la région.

Retour à Lyon en fin de journée, avec une dernière adresse pour le dîner. Pourquoi pas un bouchon de la presqu'île, où vous reprendrez un verre de beaujolais, cette fois sans avoir à reprendre le volant ? Une belle façon de boucler le séjour.

Conseils pratiques

La meilleure saison pour ce programme reste le printemps et l'automne. Les terrasses sont agréables, les vignes sont belles et les marchés bien approvisionnés. L'été est chaud, parfois étouffant dans les traboules, et les vendanges attirent du monde. Les fêtes de fin d'année ont une ambiance à part, avec leurs marchés de Noël, mais les tables se remplissent vite.

Côté budget, les tarifs varient beaucoup d'une adresse à l'autre : consultez les cartes affichées à l'entrée avant de vous installer. Une table plus élaborée coûte sensiblement plus cher qu'un bouchon. Pour la journée au Beaujolais, prévoyez un budget dégustation et déjeuner, qui varie selon les domaines.

Réservez à l'avance, surtout pour les bouchons du soir, les tables de chef et le déjeuner au vignoble. Évitez le samedi soir dans les rues les plus fréquentées du Vieux Lyon, et vérifiez les jours de fermeture, car beaucoup d'adresses sont closes le dimanche ou le lundi, et certaines changent leurs horaires d'une saison à l'autre.

Conclusion

Trois jours, donc, pour une ville qui se découvre en mangeant. On commence au-dessus de la ville, on descend par les traboules, on remonte vers les ateliers de la Croix-Rousse, puis on prend la route des coteaux.

Prêt à préparer votre séjour ? Si vous préférez qu'un guide ou un conseiller organise les détails à votre place, demandez un devis personnalisé. Vous gagnerez du temps, et le programme restera le vôtre.

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